F.C MULHOUSE

FC MULHOUSE 1982-1983
Nom complet Football Club Mulhouse
Surnoms FCM, les Fécémistes
Autre(s) nom(s) FC Mülhausen 1893 (1893-1914, 1940-1945),
FC Mulhouse 1893 (1919-1939, 1945-1989),
FC Mulhouse Sud-Alsace (1989-2000),
FC Mulhouse 2000 (2000-2006)
Fondation 1893
Statut professionnel 1932-1939, 1945-1946 et 1981-1999
Couleurs Blanc et bleu
Stade Stade de l'Ill
(11 303 places)
Siège 45 Boulevard Charles Stoessel
BP 2292
68069 Mulhouse Cedex
Championnat actuel CFA
Président Drapeau : France Alain Dreyfus
Entraîneur Drapeau : France Laurent Croci
Joueur le plus capé Hervé Milazzo
Meilleur buteur John Eriksen
Site web www.fcmulhouse.com

 Compétitions nationales

 

Compétitions disparues

 

 

Le Football Club de Mulhouse, couramment abrégé en FC Mulhouse ou FCM, est un club de football français fondé en 1893 sous le nom de FC Mülhausen 1893, dans la mesure où l'Alsace était alors sous administration allemande. Il dispute ses premières compétitions officielles à partir de 1903 au sein de la fédération allemande, avant de prendre son nom actuel et de rejoindre les compétitions françaises en 1919, après la reconquête de l'Alsace-Lorraine par la France. Le club emménage en 1906 au stade vélodrome de Mulhouse, puis déménage en 1921 au stade de Bourtzwiller, avant de s'installer définitivement à Dornach, où est construit le Stade de l'Ill.

Le club obtient le statut professionnel en 1932 et devient alors un des premiers clubs professionnels français. C'est paradoxalement pendant la période allemande (1940-1944) qu'il réalise ses meilleures performances, avec trois titres en Gauliga Elsass. Redevenu amateur en 1946, il retrouve la Division 2 en 1970 puis le statut professionnel en 1981 ; il atteint à deux reprises la Division 1 en 1982 et 1989, puis stagne en Division 2 dans les années 1990.

Les résultats intéressants du FC Mulhouse s'arrêtent avec la relégation en championnat National, le troisième niveau du football français, en 1998. Les problèmes financiers récurrents du club aboutissent à un dépôt de bilan prononcé en 1999 et une relégation administrative en championnat de France amateur. Après avoir touché le fond lors de l'exercice 2004-2005 où le club évolue en CFA 2, les ambitions de remontée en National et Ligue 2 n'ont pas encore été satisfaites. Depuis, le club mulhousien évolue en championnat de France amateur, soit au quatrième échelon footballistique français.

Historique

Des débuts dans le contexte impérial allemand (1892-1914)

une équipe de football
 
L'équipe alignée par le club en 1894

L'histoire du FC Mulhouse commence en 1892, alors que l'Alsace est annexée à l'Empire allemand depuis la guerre franco-prussienne de 1870. Deux jeunes Anglais, dont W.E. Kearns, élèves de l'école de chimie de Mulhouse - ville qui portait alors le nom allemand de Mülhausen -, apportent dans leur malle un ballon de football et forment une équipe avec quelques condisciples. L'année suivante, le football s'implante définitivement à Mulhouse grâce à la fondation du FC Mülhausen. Dès 1895, le club présidé par Émile Reis prend part à un match international en affrontant les voisins suisses du Grasshopper de Zurich. Un match « retour » a lieu à Zurich en 1897.

Vers 1901, les élèves de l’Oberrealschule et du Gymnasium, membres des Young Boys, rejoignent le FC Mülhausen 93 que préside M. Platen. Les « jeunes » prennent le pouvoir au club et Fritz Mennecke hérite de la présidence jusqu’en 1906. Le FCM 93 s’affilie alors au Deutscher Fussball-Bund, c'est-à-dire la Fédération allemande de football, en 1904 et se range parmi les meilleures formations d'Allemagne du sud, atteignant notamment la troisième place, derrière le Bayern Munich et le Karlsruher FV, du championnat Südkreis de Süddeutschland en 1904-1905, après avoir remporté la compétition à trois (aux dépens du FC Freiburg et Strasbourg SV) de l'Oberrhein.

En 1902 ou 1906 selon les sources, Alfred Schwartz obtient de son père l'autorisation d'utiliser le stade vélodrome de Mulhouse pour la modique somme d'un mark par an. Le club s'installe sur ce terrain clos et sa situation financière s'améliore après une saison 1905-1906 néanmoins catastrophique. Après cette crise éphémère, le retour à la compétition est cruel. Le FCM 93 encaisse ainsi un cinglant 12-0 face à Freiburg en championnat d'Oberrhein. Deux ans plus tôt, c'était pourtant Mulhouse qui remportait le titre de l'Oberrheingau.

Dès ce début de siècle, le FC Mulhouse traverse une première crise, et pour la saison 1907-1908, le club est retiré des championnats. Les deux saisons suivantes voient le club réaliser de mauvaises performances, qui se traduisent par la première relégation de l'histoire du club, en deuxième série de la Fédération de football d'Allemagne du Sud pour la saison 1910-1911. Le FCM survole ces championnats, et en 1912, il obtient un titre de deuxième série.

En 1910, Joachim Bloch prend en main les destinées du club. Il conservera son fauteuil présidentiel jusqu'en 1938.

Juste avant la Grande Guerre, Mulhouse signe de brillants succès et entreprend une tournée en France. Le CA Paris, récent champion de France, est même battu par les Mulhousiens. L'Olympique lillois, quant à lui, arrache un match nul. À la Pentecôte 1914, les Dogues battent le FC Mülhausen 93 en Alsace. En janvier 1914, quelques joueurs quittent le club et en fondent un nouveau : le Sportverein. En même temps, le FC Mülhausen 93 fusionne avec le FC Victoria. Lorsque la guerre éclate, la dissolution du club est prononcée par les autorités allemandes.

 Division d'Honneur (1918-1932)

Le groupe, pris en photo
 de face
 
La première formation du FC Mulhouse après la Grande Guerre, en 1919

Une fois la guerre achevée, la ville de Mulhouse, comme le reste de l'Alsace, réintègre le territoire français. En 1918, un seul match est joué, contre le régiment d'infanterie coloniale du Maroc, match gagné par le club mulhousien.

Les matchs officiels reprennent à l'automne 1919. Le FC Mulhouse est affecté au groupe Haut-Rhin de la Division d'Honneur nouvellement créée. Il est par ailleurs important de préciser que le FCM est, avec le SC Sélestat et l'AS Strasbourg, à l'initiative de la création d'une première organisation collective, future Ligue d'Alsace de football association (LAFA).

Dès 1921, le club remporte le titre de champion d'Alsace. C'est cette saison qu'un premier joueur du FCM est sélectionné en tant qu'international français : il s'agit de Paul Bloch, choisi lors d'un match opposant la France à l'Irlande. La même année voit l'inauguration du stade de Bourtzwiller dont le FC Mulhouse sera résident jusqu'en 1979.

En 1922, le club brille moins en championnat. À cette période, la suprématie sur la ville est partagée avec l'AS Mulhouse, contre qui le FCM fait deux nuls en 1922-1923. L'équipe, qui acquiert une certaine notoriété, multiplie les matchs internationaux et bat notamment le Péra Club Constantinople sur le score de 2-1. Le match retour est cependant perdu.

Pour la saison 1923-1934, l'équipe termine à une décevante cinquième place en championnat mais réalise de bons matchs amicaux. Le FCM est le premier club alsacien à se doter d'une structure pré-professionnelle, avec la nomination de Henri Schumacher comme président de la Commission technique et manager de l'équipe première, et de Pierre Weiblen comme vice-président chargé de l'administration sportive. En 1924-1925, l'équipe ne brille ni en Coupe d'Alsace, ni en Coupe de France. En DH, il finit 4e du groupe B et n'est pas qualifié pour la poule finale. Il joue donc la poule de classement, qu'il remporte avec cinq victoires, quatre nuls et une défaite.

En 1926 le FCM renoue avec le haut de classement, et confirme sa suprématie sur la ville de Mulhouse en battant l'AS Mulhouse sur des scores impressionnants. Les Fécémistes finissent premier du groupe B, puis deuxième de la poule finale derrière le Racing Club de Strasbourg, à cause d'une erreur d'arbitrage reconnue sous le nom d'Affaire Lange. De grands joueurs, comme le Hongrois Joseph Remay, arrivent au club. La saison 1926-1927 se termine sur une quatrième place obtenue difficilement grâce à un nul sur l'AS Strasbourg.

En 1927-1928, l'Autrichien Gustav Putzendopler prend les commandes de l'équipe. C'est cette année que le FCM atteint les demi-finales de la Coupe de France, et est éliminé par le CA Paris. En championnat, il finit largement premier de la poule unique mise en place. Dans l'équipe, il y a notamment le jeune Marcel Kauffmann. Le FCM récidive en 1928-1929, finissant premier avec plus de cinq points d'avance sur son dauphin, l'AS Strasbourg.

La saison 1929-1930 est considérée comme une référence. Le FCM enchaîne les scores impressionnants, que ce soit en championnat ou en matchs amicaux contre le CA Paris, battu 4-1, ou les Old Boys Bâle, battus 8-2 et 4-2. En championnat, le FC Mulhouse gagne ses 14 matchs, étant sacré avec 11 points d'avance sur le deuxième, le FC Bischwiller. Le titre est conservé facilement en 1930-1931. C'est cette même année que le club participe pour la première fois à la Coupe Peugeot, précurseur d'un championnat de France.

En 1931-1932, le club remporte une cinquième fois le championnat d'Alsace. Il participe une deuxième fois à la Coupe Peugeot, qui rassemble cette fois vingt clubs parmi les plus prestigieux de France. Il y réalise des performances remarquables, battant tous ses adversaires sur des scores très déséquilibrés, écartant le Red Star en demi-finale au Tivoli à Strasbourg, puis remportant la compétition face au CA Paris sur le score de 4-1. Avec de tels résultats, il semble naturel que le club mulhousien participe au nouveau championnat national professionnel.

Première période de professionnalisme et affres de la guerre (1932-1946)

En 1932-1933, le club haut-rhinois devient officiellement professionnel et s'inscrit à la première édition du Championnat de France de football, la Division Nationale, dans le groupe A. À cause du refus de participation de trois Allemands recrutés, ainsi que d'une blessure de Ferdinand Swatosch, l'entraîneur-joueur, le FCM termine à la 10e place et est ainsi, avec l'Olympique Alès, le premier club à finir dernier de Division 1 et à être relégué. Aussi, en 1933-1934, grâce au renfort d'Antonio Lozes et de l'Autrichien Karl Schott, le FC Mulhouse se classe 3e du groupe Nord de 2e Division et accède ainsi à nouveau à l'élite.

Photo de face de la Wunderteam
 
Le Wunderteam du FC Mulhouse, en 1934-1935.

Son retour en Division 1 est réussi, et en 1934-1935, le club termine sixième. Toutefois, ce résultat est considéré comme décevant, vu le nombre d'internationaux présents au début de la saison. Le groupe n'a en effet pas été épargné par les blessures. Il possède dans ses rangs le troisième buteur, l'Autrichien Franz Weselik, auteur de 24 buts. Cependant, dès la saison 1936-1937, le club réalise des résultats moins satisfaisants : avec une 16e et dernière place en Division 1, seulement 15 points d'engrangés en trente matchs, et une défaite 1-9 face au RC Strasbourg, le FC Mulhouse connaît une nouvelle descente en Division 2.

En 1940, l'Alsace étant annexée de fait à l'Allemagne à l'issue de la « drôle de guerre », le FC Mulhouse doit reprendre le nom de Fussball Club Mülhausen 1893 et abandonner le professionnalisme, interdit en Allemagne. C'est la fin de huit années de football professionnel dans le Haut-Rhin, les SR Colmar ayant été amenés à la même fin.

Ainsi, le FCM doit participer à la Gauliga Elsass, le nouveau championnat d'Alsace, qualificatif pour la phase finale de la Deutsche Meisterschaft, le championnat d'Allemagne. Pour sa première saison en championnat allemand depuis 1914 le FC Mulhouse de l'entraîneur germanique Otto Schwab est vainqueur du championnat régional, battant en finale le Rasensportclub Strassburg, ancien RC Strasbourg (3-1, 1-2). Qualifiés pour la phase finale du Deutsche Meisterschaft, les Mulhousiens finissent derniers du Groupe 3 avec un match nul et cinq défaites, malgré la présence dans l'équipe de Pierre Korb, ancien attaquant de l'équipe de France.

En 1941-1942, le FC Mulhouse termine quatrième de Gauliga Elsass derrière la Sportgemeinschaft SS Strasbourg, le Rasensportclub Strassburg, et le SpVgg Kolmar. L'arbitre mulhousien Charles Munsch, arbitre de la Coupe de France de football 1937-1938 entre l'Olympique de Marseille et le FC Metz, dirige une demi-finale du championnat d'Allemagne entre le SV Blau-Weiss Berlin et le First Vienna FC 1894. La saison suivante, les Mulhousiens remportent à nouveau la Gauliga Elsass, devançant le Rasensportclub Strassburg à la différence de buts. Ils appliquent le système de jeu du « WM » importé par un nouveau venu, le joueur du VfB Stuttgart Ernst Otterbach, qui sera sacré champion d'Allemagne 1950. Mais en 16e de finale du championnat d'Allemagne, le FC Mulhouse est lourdement défait et éliminé à Sarrebruck par le FV 03 Saarbrücken, futur finaliste.

En 1943-1944, le FC Mulhouse domine la Gauliga Elsass facilement, grâce notamment aux internationaux allemands August Klingler, Edmund Conen, et le Mulhousien Marcel Schumacher. Le 16 avril 1944, en 16e de finale du championnat d'Allemagne, le FCM 93, avec probablement la plus belle équipe de son histoire, bat le Kickers Offenbach sur le score de 4-2 au stade de Bourtzwiller à Mulhouse, grâce à des réalisations de Schumacher, Klingler, qui inscrit un doublé, et Hartmann. Son jeune gardien René Heitz arrête un penalty. Mais en huitième de finale, encore à Sarrebruck, le FCM 93 est éliminé après un match riche en buts, clos sur le score de 3 à 5.

En 1944-1945, les combats pour la libération de l'Alsace empêchent que le FC Mulhouse ne prenne part à la Gauliga puis à la Coupe de France en raison de la contre-attaque des troupes de Gerd von Rundstedt. Pour la saison suivante, le club prend part au championnat de Division 2 professionnelle. Suite à une saison catastrophique où l'équipe première termine dernière de la poule Nord, le club du président Henri Schumacher décide d'abandonner le professionnalisme et repart en Division d'Honneur.

De l'abandon du statut professionnel au « baron du CFA » (1945-1970)

Le club abandonne en 1946 le statut professionnel et repart en Division d'Honneur. Il termine champion du groupe Haut-Rhin, puis d'Alsace grâce à une victoire face à la réserve du RC Strasbourg. La même année, il manque même de peu le titre de champion de France amateur. La saison 1947-1948 est tout aussi satisfaisante puisque le club termine deuxième derrière les réservistes strasbourgeois, et est aspiré vers le nouveau championnat de France amateur en compagnie de ces derniers et du FC Colmar. Le FC Mulhouse s'impose rapidement comme l'un des meilleurs clubs de CFA, ainsi que comme le meilleur club amateur alsacien.

Les débuts en championnat amateur se font en douceur. Le club, affecté au groupe Est à chaque édition de 1948 à 1970, termine sixième en 1948-1949, puis troisième en 1949-1950, après une saison relativement calme. En 1950-1951 et 1951-1952, l'équipe termine deux fois septième, ce qui constitue une grande déception dans la mesure où l'équipe est entraînée par l'ancien joueur du Stade de Reims Lucien Perpère, dont la notoriété laissait augurer de meilleurs résultats.

La saison 1952-1953 voit le club caracoler avec les équipes de tête, si bien qu'on peut lire, en mars 1953, dans le bulletin du club « Depuis la création du CFA en poules régionales, jamais le FCM n’avait connu, à cette époque, un classement aussi satisfaisant . En 1953-1954, le FC Mulhouse participe pour la première fois à la poule finale.

Lors de l'édition 1954-1955 de la Coupe de France, les Fécémistes se distinguent en éliminant l'Olympique de Marseille en 32e de finale. En 1955-1956, le FCM, champion du groupe Est, participe à la poule finale. Après trois victoires 1-0 contre les réserves de l'AS Saint-Étienne et des Girondins de Bordeaux, et l'US Quevilly, les Mulhousiens perdent 6-1 face à la réserve du Stade de Reims et c'est Saint-Étienne qui est sacré champion, à la différence de buts.

En 1956-1957, le FC Mulhouse, encore champion du groupe Est, participe à la poule finale en compagnie de l'US Blanzy-Montceau, de l'US Maubeuge, du Stade olympique choletais, et du Rodez AF. Un nul contre le SO Cholet à Bourtzwiller suffit alors à l'obtention du titre. Toutefois, c'est une défaite 4-5 et l'US Maubeuge est sacrée champion, encore à la différence de buts. Pour la saison suivante, le FCM, encore premier du groupe Est, aurait été champion à l'issue de la poule finale... si le règlement de la saison précédente avait été maintenu. C'est l'US Quevilly qui est finalement sacrée.

Les années 1960 voient de nombreux parcours méritant d'être soulignés, comme lors de la saison 1962-1963, où le club termine champion de CFA Est, la suivante, où il termine deuxième derrière l'AS Mulhouse, ou la saison 1967-1968, qui voit notamment la signature de l'international paraguayen José Parodi.

Les nombreux derbies contre le club voisin de l'Association sportive de Mulhouse étaient souvent l'acmé de la saison pour de nombreux fidèles du stade de Bourtzwiller, qui accueillait alors plus de 2 000 spectateurs. Ce stade connaît en 1969 son record d'affluence pour un quart de finale de Coupe de France contre le FC Girondins de Bordeaux (Division 1), perdu 1-0 par le FCM, où se retrouvent près de 12 000 spectateurs.

Retours en Division 2 et lent retour au professionnalisme (1970-1981)

En 1970-1971, bien que le dernier exercice ne se soit clos que sur une neuvième place, à 16 points du champion, l'ASPV Strasbourg, le FC Mulhouse choisit de quitter le CFA pour jouer en Division 2, championnat désormais ouvert aux équipes amateur. Le dernier match de CFA est joué le 6 juin 1970, contre le FC Sochaux, qui est battu 4-0.

Pour sa première saison en Division 2 depuis 1946, le FCM finit huitième du groupe Nord. À la même période, une fusion avec l'AS Mulhouse est avortée en raison des conditions excessives exigées par les Asémistes. La saison suivante, malgré l'arrivée de José Sanchez, ainsi que du Nancéien Eddy Dublin dans le but de renforcer l'équipe, le FCM finit encore huitième. Pour la saison 1972-1973, le club mulhousien progresse, et finit sixième, avec pour la première fois une différence de but positive : +8. Les Sud-Alsaciens obtiennent même le titre honorifique de premier club amateur. Les deux saisons suivantes sont moins bonnes, les Mulhousiens ne finissant que 10e puis 14e. Le 6 novembre 1973, le FC Mulhouse accueille le Paris Saint-Germain devant 5 174 spectateurs, lors d'un match amical de gala.

Cette lente détérioration des résultats se traduit par une relégation en Division 3 à l'issue de la saison 1975-1976. Les six ans de Division 2 pèsent alors sur le budget du club, contraint à une cure d'austérité. Malgré cela, le club termine quatrième en 1976-1977 et parvient à remonter en 1978, grâce à la défection de Vauban Strasbourg. Pour la saison 1978-1979, le club se montre ambitieux, avec le duo formé par le président Ernest Henna et l'entraîneur, Roland Merschell, mais ne parvient pas à faire mieux qu'une treizième place.

En 1979, le FC Mulhouse quitte le stade de Bourtzwiller, laissé au Red Star Mulhouse, pour le stade de l'Ill, une enceinte omnisports de 12 600 places construite par la ville[2]. Pour la saison 1979-1980, le club réalise un mercato ambitieux, mais un très mauvais exercice : seizième, il est à nouveau relégué. C'est à ce moment qu'André Goerig accepte la présidence, nomme Daniel Bourgeois au poste de directeur sportif, et Eugène Battmann au poste d'entraîneur.

Du retour en Division 1 à la relégation en National (1981-1998)

En 1981, le FC Mulhouse, 2e de sa poule de Division 3, profite du désistement de Vauban Strasbourg et remonte en Division 2. Dans la foulée, le 15 juin 1981, est créée une section professionnelle au sein d'une Société anonyme d'économie mixte sportive au capital de 1 000 000 F réparti majoritairement entre la Ville de Mulhouse, qui possède 49 % du capital, l'association FC Mulhouse Omnisport, qui possède 35 % du capital, le reste étant partagé entre différentes entreprises privées. Jean-Marc Guillou, alors à Neuchâtel Xamax, signe comme entraîneur-joueur. L'engouement du public est réel : ils sont par exemple près de 10 000 à assister à la réception du leader rouennais, battu 4-1 et à l'issue de cette saison, après des barrages d'accession remportés face à l'US Valenciennes-Anzin (5-2, 1-1), le club remonte enfin en Division 1, près de 44 ans après sa dernière saison dans l'élite.

L'exercice 1982-1983 en Division 1 est difficile. L'effectif est largement modifié. Nonobstant un début encourageant avec un nul face au FC Nantes, futur champion, cela se complique rapidement. Le FCM perd ses treize premiers déplacements, ce qui constitue encore aujourd'hui un record à ce niveau, et est relégable pendant trente-quatre journées sur trente-huit. À l'issue de la saison, les Mulhousiens retournent donc logiquement en division inférieure.

Pour l'exercice 1983-1984, le recrutement de l'entraîneur Gérard Banide, vainqueur de la Coupe de France et du championnat avec l'AS Monaco les saisons précédentes, et de joueurs réputés comme Didier Six ou le gardien de but Jean-Marc Desrousseaux, est prometteur mais l'amalgame ne se fait pas. Le championnat raté est compensé par un bon parcours en Coupe de France, où le club n'échoue qu'en quart de finale contre le FC Nantes, après avoir notamment éliminé le Paris Saint-Germain.

Vue de côté d'une tribune du stade Jules-Deschaseaux
Le stade Jules-Deschaseaux du Havre, où le FCM rate le titre de champion de Division 2 1984-1985.

En 1984-1985, l'ancien international Raymond Domenech signe comme entraîneur-joueur au club. C'est à Mulhouse que le futur sélectionneur commence sa carrière d'entraîneur. La même année, Raymond Hild, dit Max, arrive en tant que responsable de la formation. Il y restera jusqu'en 1991. Pour cette saison, tout se joue lors de la dernière journée. Le FCM se déplace sur le terrain du Havre AC, alors co-leader du groupe A avec 50 points. Une défaite 1-0 envoie le FCM en barrages, où il est deux fois défait par le Stade rennais. Il en sera de même pour les trois saisons suivantes : en 1985-1986, le FCM gagne en pré-barrages contre l'Olympique lyonnais, puis en barrages contre l'Olympique Alès, mais perd contre l'AS Nancy-Lorraine en barrages D1/D2. Pour la saison 1986-1987, le FCM est éliminé dès les pré-barrages par l'Olympique lyonnais, deuxième du groupe B (4-3).

Didier Notheaux, alors en poste au Havre AC, arrive en tant qu'entraîneur en 1988. Les coéquipiers du capitaine Lamine N'Diaye terminent premiers du groupe B devant le Brest Armorique FC et gagnent ainsi leur billet pour la Division 1. Toutefois, le club promu est lesté par une dette cumulée de près de 42 millions de francs.

À nouveau parmi les vingt meilleurs clubs français, le club se renforce avec les arrivées de Marc Andrieux, de Blaž Slišković, d'Eddie Krnčević, de Philippe Sence et de l'international allemand Manfred Kaltz. Malgré les douze buts de Franck Priou, au douzième rang du classement des buteurs du championnat à égalité avec Laurent Blanc notamment, le FC Mulhouse termine de nouveau au dernier rang et se trouve relégué dès le printemps 1990. Durant cette saison, les changements de président sont nombreux : Goerig est débarqué du fait de sa propension à la dépense, il est brièvement remplacé par le député-maire de Mulhouse Jean-Marie Bockel, puis ce dernier laisse Christian Debève, l'un de ses adjoints, prendre le dossier. C'est finalement Jean-Marc Guillou, entraîneur-joueur du FCM de 1981 à 1983, qui devient président.

La saison suivante est mouvementée. Jean-Marc Guillou démissionne et est à nouveau remplacé par Christian Debève. Robert Dewilder, successeur de Didier Notheaux comme entraîneur, réussit à redresser la barre sur le terrain. Le club termine dixième de deuxième division, puis onzième l'année suivante, qui voit l'arrivée de Jean-François Boetsch comme président en cours de saison.

En 1992-1993, Bernard Genghini devient entraîneur du FC Mulhouse. La tragique disparition de Frédéric Johansen, grand espoir du club et no 10 de l'équipe de France espoirs de football marque les esprits. Le club termine au onzième rang, un classement théoriquement insuffisant pour son maintien du fait de la fusion des deux poules. Mais il est néanmoins repêché administrativement pour participer à la Division 2 à la poule unique nouvellement créée. En 1993-1994, le club se maintient puis enchaîne des saisons moyennes en Division 2, marquées néanmoins par de bonnes performances en Coupe de France, notamment en 1994-1995, où le FCM est éliminé par le FC Metz en quart de finale.

Christian Sarramagna devient le nouvel entraîneur du club mulhousien en 1995, après des passages remarqués sur les bancs de l'AS Saint-Étienne et du FC Martigues. La saison suivante s'engage pourtant mal mais l'équipe réussit à se maintenir en Division 2 grâce à un bon parcours durant les matchs retour. Ce sera également le cas la saison suivante, qui s'augure moyenne dès septembre, où Jean-François Boetsch, président depuis octobre 1991, démissionne ainsi que deux autres membres du comité directeur. Marc Léon lui succède, à la tête d'une équipe renouvelée. Christian Sarramagna quitte le club et est remplacé par Gilles Bourges. C'est la saison suivante que le club va totalement s'effondrer durant les matches retour. Lamine N'Diaye remplace Gilles Bourges au poste d'entraîneur à quatre journées de la fin mais le mal est trop profond et le club est relégué en National pour la saison 1998-1999, pour la première fois de son histoire. Lamine N'Diaye devient entraîneur de l'équipe professionnelle à la tête d'un groupe profondément remanié, puisque les deux tiers de l'effectif de la saison quittent Mulhouse.

La stagnation en CFA (depuis 1998)

Les 11 joueurs du FC Mulhouse (6 debout et 5 accroupi) sur la pelouse
 
Présentation de l'équipe lors du match contre le Paris SG B au Camp des Loges du 10 avril 2011

En mai 1999, à l'issue de la saison en National où l'équipe est parvenue à se sauver sur le terrain, le club dépose le bilan et doit repartir en Championnat de France amateur en 1999-2000. Il y accumule les saisons moyennes et tombe en CFA 2 (D5) à l'issue de l'exercice 2003-2004, particulièrement chaotique. Heureusement, les joueurs parviennent à relever le défi de la remontée immédiate. C'est la première promotion du club depuis 1989.

La saison 2003-2004, où le FCM est relégué en CFA 2, est marquée par une forte crise au sein du club, où un joueur, Yacine Bennaïssa, est exclu de l'équipe après une expulsion au 8e tour de la coupe de France.

Depuis, le club enchaîne les saisons moyennes en CFA, ambitionnant néanmoins de retourner rapidement en National. Alain Dreyfus, devenu président en 2008, se montre ambitieux et affirme à son arrivée « Je veux remonter le club en National dans un premier temps et ensuite en L2 et pourquoi pas plus loin. Il n'y a pas de raisons de ne pas réussir. Je vais bien m'entourer, seul je n'y arriverai pas ». Le club parvient à se rapprocher de cet objectif en 2008-2009, où il termine troisième. Nonobstant un mercato très mouvementé et un grand soutien des supporters en 2009-2010, le FCM se trouve rapidement en difficulté en championnat. C'est son voisin des SR Colmar qui accède au National. Un nouvel entraîneur est nommé : Laurent Croci. En 2010-2011, le club se montre ambitieux mais réalise encore une fois une saison décevante.

En 2010 et 2011, le FCM et l'AS Illzach Modenheim, un club de CFA2 basé dans l'agglomération de Mulhouse, signent des accords de coopération, sans remettre en cause leur indépendance.

 

FCMULHOUSE 83-84